désindustrialisation et tertiairisation Braibant

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De la désindustrialisation à la tertiarisation, vers un mélange des genres

Depuis ces trente dernières années, la désindustrialisation reste une réalité complexe mais néanmoins avérée, surtout en terme d'emploi. Mais la séparation entre industrie et services devient de moins en moins nette. D'une part, l'industrie se "tertiarise" en produisant de plus en plus de services ou en consommant davantage de services qu'elle produisait autrefois et qui sont désormais externalisés; de même, la part des métiers tertiaires dans l'industrie ne cesse d'augmenter et l'investissement y devient de plus en plus immatériel. D'autre part, le tertiaire s'industrialise: le nombre d'ouvriers est plus élevé dans le tertiaire que dans l'industrie; les entreprises de services produisent sur un mode industriel; le capital atteint des niveaux record dans le tertiaire. C'est bien vers un mélange des genres entre industrie et services que tend l'économie française avec une interpénétration croissante entre ces deux ensembles.
La croissance forte du tertiaire, notamment de l'emploi, durant ces dernières décennies n'est-elle pas source de diversité et de complexité? La "tertiarisation" de l'économie ne pose-t-elle pas des problèmes statistiques, conceptuels et méthodologiques: les notions de volume et de productivité du travail ne sont-elles pas à revoir dans le "tertiaire moderne"? Ces questions ne deviennent-elles pas importantes du fait même du poids croissant de ce secteur dans l'économie du pays? L'ouvrage de Michel Braibant décrypte au fil d'une étude rigoureuse et solidement documentée à partir de comparaisons internationales, les mutations du paysage économique français depuis 1980 dévoilant ainsi la désuétude de la classification traditionnelle de l'activité en trois secteurs.

190 pages  -  ISBN : 9782342034738  -  Droit/Economie > Commander le livre

DESINDUSTRIALISATION ET TERTIAIRISATION

Depuis ces trente dernières années, la désindustrialisation reste une réalité complexe mais néanmoins avérée, surtout en termes d’emploi avec 10,5% des effectifs globaux en 2012. D’autres indicateurs sont pertinents tel le solde du commerce extérieur : négatif, il traduit une désindustrialisation. La concurrence internationale (intérieure et extérieure), les gains de productivité plus élevés que dans les autres pays et l’externalisation des services par l'industrie expliquent ce pourcentage si bas.

De même, la part de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière est la plus faible en France. Elle est de 11,3 % en 2012 (15,7 % en 2000) contre 22 % en Allemagne et 15 % en Italie ; seul le Royaume Uni connaît une baisse encore plus prononcée. Toutefois, cette baisse relative est moins importante en volume ce qui amène à nuancer ce phénomène de désindustrialisation entre 2000 et 2013 ; en effet la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière croît de 9 % en volume en France soit moins qu’en Allemagne ; mais elle baisse en Italie et au Royaume Uni.

Existe-t-il un lien entre désindustrialisation et financiarisation ? Les placements financiers des entreprises (achat d’actions, de produits dérivés), les dividendes versés, qui s’envolent avant la crise ont-ils eu pour effet de ralentir l’investissement de celles ci ? Les comparaisons européennes sont ici aussi très utiles.



Mais ne s’agit-il pas d’une réalité complexe ? De fait, la notion de désindustrialisation ne se laisse pas facilement appréhender. Mais n’est-ce pas aussi parce que la séparation entre industrie et services devient de moins en moins nette.
D' un coté, l’industrie se « tertiairise » en produisant de plus en plus de services ou en consommant davantage de services qu’elle produisait autrefois et qui sont désormais externalisés ; de même, la part des métiers tertiaires dans l’industrie ne cesse d’augmenter et l’investissement y devient de plus en plus immatériel.
D’autre part, le tertiaire s’industrialise : le nombre d’ouvriers est plus élevé dans le tertiaire que dans l’industrie ; les entreprises de services produisent sur un mode industriel. L'utilisation de matériel "lourd" (informatique) s'est développé à un rythme fulgurant.
C’est bien vers un mélange des genres entre industrie et services que tend l’économie française avec une interpénétration croissante entre ces deux ensembles.



Qu’en est-il des activités tertiaires ? L'examen de l'emploi tertiaire depuis un siècle, à un niveau détaillé d'activité, met en relief trois types d'évolution : certains services régressent ou se transforment, d'autres suivent le cours de l'activité économique, d'autres enfin font au cours des dernières décennies une percée fulgurante. Les liens de plus en plus étroits entre l'industrie et la plupart des services modernes remettent en question l' « image » d'un tertiaire essentiellement destiné aux ménages. A coté de services en régression, on trouve des entreprises tertiaires modernes, liées de plus en plus à l'industrie, et qui sont parfois affectées par la crise .

La « tertiarisation » de l’économie ne pose-t-elle pas des problèmes statistiques, conceptuels et méthodologiques : les notions de volume, qualité et productivité ne sont-elles pas à revoir dans le « tertiaire moderne » ? Ces questions ne deviennent-elles pas importantes du fait même du poids croissant de ce secteur dans l’économie du pays ? Ainsi il convient d'examiner si les trois critères d'homogénéité (une part croissante de l'emploi, une relative insensibilité aux crises économiques, et surtout un progrès technique faible), sont aujourd'hui respectés dans un ensemble qui comprend 79 % de la population active. La question est intéressante à plusieurs titres : la croissance forte de l'emploi tertiaire durant ces dernières décennies n'est-elle pas source de diversité et de complexité ? Cette croissance peut elle continuer au même rythme ?
De fait, après s'être développé entre 1960 et 2000 selon un taux annuel moyen de 1,8%, l'emploi des branches tertiaires progresse deux fois moins vite entre 2000 et 2011 ( 0,9 %), avec une quasi-stagnation de 2008 à 2011, voire même une légère baisse dans certains services traditionnels aux ménages ou les télécommunications.

L'ouvrage, publié à la Société des écrivains, comprend trois parties :



1 - La désindustrialisation s'affirme sous le coup de la concurrence internationale.

2 - La frontière "industrie - services" plus complexe que par le passé.
3 - La diversité tertiaire.



Michel Braibant
Posté le 20/01/2016 11:31:37
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